Jeudi 30 septembre 2010
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Les Girondins de Bordeaux viennent de se manger une amende de 600€ pour infraction à l’obligation de former des arbitres. Une obligation à laquelle les clubs
français ont de plus en plus de mal à satisfaire, faute de vocation chez les jeunes.
Tous les clubs français qui jouent des compétitions officielles sont tenus de respecter les statuts de l’arbitrage. Parmi les nombreux articles desdits statuts,
figure l’article 49, qui fait obligation aux clubs de recruter et de former des arbitres.
Chaque saison, chaque club de Ligue 1 doit ainsi mettre à disposition de son district ou de sa ligue régionale 10 arbitres, dont un formé au club. Sinon, les sanctions sont automatiques et
échelonnées : 600€ d’amende pour une première saison en infraction, doublée la seconde, triplée la troisième, etc. Des sanctions financières ridicules, mais auxquelles peuvent s’ajouter des
sanctions sportives redoutables, qui vont jusqu’à l’interdiction de la montée pour les clubs de division inférieure ou l’interdiction d’intégrer certains jeunes dans l’effectif pro.
Dans le cas des Girondins, c’est la formation d’arbitre qui a valu une sanction. « Nous ne rencontrons aucun problème en ce qui concerne le renouvellement, a signalé le secrétaires
des jeunes des Girondins. Là où nous avons du mal, c’est pour en former de nouveaux. Tout le monde pense que les Girondins sont les mieux lotis à ce niveau mais ce n’est pas vrai. Les clubs
professionnels forment des joueurs, pas des arbitres ! »
LES JEUNES ARBITRES SE COUPENT LE SIFFLET
Pour former des nouveaux arbitres, encore faut-il que ça se bouscule au portillon. Or, les jeunes sont naturellement plus tournés vers le taquinage du ballon que celui du carton. Une pénurie
structurelle qui a précisément motivé l’obligation faite aux clubs de fournir le contingent nécessaire à la perpétuation du football professionnel. Alors, quand il s’agit d’évoquer
l’assouplissement du règlement, les arbitres font bloc. « Le règlement est rigide, confesse le président de la Commission régionale de l’arbitrage de la Ligue d’Aquitaine. Ce
n’est pas la meilleure solution mais nous sommes obligés d’en passer par là pour continuer à faire naître des vocations. Les jeunes ont de moins en moins envie de se tourner vers l’arbitrage. Il
faut commencer au plus bas niveau, se déplacer tous les samedis dans des petits villages. Et souvent, faire face à une forte pression dans un environnement hostile. Ce n’est pas marrant. Mais le
plus dur, ce n’est pas d’attirer de nouveaux arbitres, c’est de les garder. »
Les jeunes arbitres sont en effet de plus en plus souvent tentés de raccrocher le sifflet. L’an dernier, les Girondins avaient réussi à former un arbitre, mais ce dernier a abandonné en
cours de saison. la faute à un manque de reconnaissance, un manque de fun de l’exercice, et surtout au problème récurrent de la violence envers les hommes en
noir dans le football amateur. En mars dernier, un jeune arbitre de 17 ans avait été menacé ouvertement sur Facebook après un match houleux.
Les commissions d’arbitrage tentent donc d’améliorer le suivi des jeunes arbitres afin d’éviter les abandons par manque d’encadrement. « Les jeunes arbitres sont lâchés dans la
nature, il y a très peu de contact avec les clubs auxquels ils sont rattachés, regrette le boss des hommes en noir d’Aquitaine. Il faudrait qu’il existe un référent qui les suit tout au
long de la saison, qu’ils soient mieux encadrés. On travaille là-dessus. »
Oui, mais vite alors. Les clubs doivent fournir les contingents avant le 31 janvier.